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Lettre N° 1
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Archives de la Lettre de l'Institut
Sommaire n°1 octobre 2001
 Editorial  Cerveaux et machines
 Complexité et sécurité  Technologie pour l'informatique
 L'informatique vue par l'entreprise  Ethique et technique
 
Editorial
 

Quand on oublie le principal

Par Albert Ducrocq.

A tout instant, quelque 1000 avions sont en vol. Imaginez que, sous prétexte de faire cesser sur-le-champ toute perturbation de l'environnement, l'ordre leur soit intimé d'arrêter leurs moteurs : ce sera le crash entraînant la mort de leur population.
Pareillement, nous assisterions à un crash social s'il nous fallait, pour l'ensemble de nos activités, renoncer aux moyens industriels.
La catastrophe débuterait par un tsunami de chômage qui emporterait nombre d'institutions.

Or c'est bel et bien vers une telle situation que l'on se dirigerait si l'on écoutait ceux - nombreux aujourd'hui - dont le discours, pas toujours exempt d'appel à la violence, tend à présenter les industries comme les grandes responsables de nos maux.

On vante les temps, dits heureux, où l'homme se nourrissait de la cueillette, de la pêche et de la chasse.

Mais notre monde était alors peuplé de quelques centaines de milliers d'êtres de sorte que chacun pouvait bénéficier des ressources offertes par des centaines d'hectares.
Actuellement la terre compte 6 milliards d'individus et si l'on estime à 6 milliards d'hectares la surface utilisable des continents, le calcul est simple.
Ce sera seulement un demi-hectare si la population mondiale atteint demain 12 milliards d'hommes.
Ceux qui préconisent de vivre comme autrefois raisonnent comme s'ils étaient sur une terre dont la superficie aurait augmenté en même temps que sa population.

C'est parce que la Terre n'est pas élastique qu'une industrie est nécessaire - elle fait entrevoir de pouvoir très bien se contenter de moins d'un demi-hectare par habitant -, ce nom d'industrie devant être donné à l'appareil par lequel les substances, alimentaires ou autres, sont obtenues, collectées, conditionnées, distribuées de manière à apporter à chacun beaucoup plus que ce sur quoi il aurait a priori pu compter. Elle est l'interface entre notre planète et nous.

Qu'elle doive être gérée de manière à remplir au mieux ce rôle dans ses deux aspects - homme-industrie et industrie-terre -, c'est une évidence.

Mais l'avenir est là, dans une industrie qui, après l'animal de trait, le charbon et l'électricité, est entrée dans une ère informatique faisant entrevoir qu'elle soit auto-gouvernable à la lumière des directives que nous lui donnerons.

Ainsi y a t-il mieux à faire que de la combattre, la dénigrer ou seulement l'ignorer, la jeune génération étant très sensible au fait que les hommes politiques n'aient guère de propos pour souligner ce rôle de l'industrie et vanter ses côtés positifs.

Car ils l'emportent largement. Non contente d'avoir donné à un très grand nombre d'hommes ce qu'Allain appelait la chance de vivre, l'industrie a augmenté leur espérance de vie : quelque 80 ans aujourd'hui dans nos régions. En raison d'une meilleure hygiène , d'une prévention des maladies et d'une alimentation plus saine, affirme-t-on. Assurément. Mais ces facteurs eurent pour dénominateur commun un apport industriel fondamental.

Il s'est accompagné d'un développement des techniques et d'une excellence des recherches, là étant son autre contribution majeure : l'industrie a permis à l'homme de se surpasser, lui assurant l'accès à une prodigieuse vie culturelle. Un fabuleux univers de signes a été enfanté.

Ce sont là des lieux communs, direz-vous. Peut-être. Mais en cette rentrée 2001-2002, vous les chercheriez en vain dans un manuel scolaire.