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Archives de la Lettre de l'Institut
Sommaire n°5 décembre 2003
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 Cerveaux et machines  Communiqués de presse
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 Risques et complexité
 
Risques et complexité
 

Crise ou mutation

Par Denis Ploton, ancien assureur et réassureur, ancien membre de la Commission de contrôle des Assurances, président d'un groupe de sociétés en assurance santé.

La croissance de la complexité n'est pas un handicap mais la réponse des organismes vivants aux pressions et contraintes de leur environnement et de leur EVOLUTION afin de rester ADAPTABLE à un univers mouvant donc porteur de risques.

Les risques croissent avec les changements d'unités géographiques, avec l'évolution des connaissances, du progrès avec l'évolution des cultures. Les risques changent de nature et d'ampleur avec l'industrialisation, avec le volume des investissements accumulés sur un même site en une même région, avec l'accélération de la densité et de sa vitesse de circulation. Aujourd'hui beaucoup de risques sont devenus systémiques, et souvent planétaires.

L'homme moderne a pour préoccupation première, la SECURITE pour lui, sa famille, ses biens, et paradoxe, jamais il ne fut autant menacé, dans autant de domaines, et de façon simultanée.
Les assureurs et réassureurs qui ont pour profession de réparer financièrement les conséquences des risques, vivaient jusqu'à une période récente avec des cycles, qui le plus souvent se compensaient les uns les autres.

Depuis un peu plus d'une décennie, des sinistres multipliés d'une ampleur inégalée, et dans tous les domaines, se sont révélés. Les techniques d'émiettement des risques utilisées précédemment ont trouvé leurs limites.

L'étalement dans le temps de risques statistiquement aberrants, n'est plus permis du fait de la répétition et de la multiplication des grands risques. Les capacités financières nécessaires et disponibles sur le marché pour couvrir ces risques sont devenues très insuffisantes, malgré des apports impressionnants de capitaux extérieurs. Les sociétés d'assurances se sont concentrées, et des réassureurs ont cessé leurs activités partiellement ou totalement.

Il est donc possible de conclure que dans une société où les changements de paradigmes n'ont jamais été aussi variés et nombreux, simultanés et fondamentaux la Société des hommes a perdu ses repères. Elle n'est pas en CRISE, mais en véritable MUTATION, demain sera un autre type de société avec de nouvelles valeurs, de nouveaux référents.

L'assurance, qu'elle soit celle de la protection sociale et de la santé publique, celle des catastrophes naturelles, celle des industries ou du terrorisme, ou du nucléaire, etc… doit pouvoir continuer d'être au service de tous, car sans assurance la Société deviendrait très rapidement bloquée.

Ne plus vivre dans le court terme, mais se projeter dans le futur, en étant individuellement et collectivement capable d'ANTICIPER, de PREVOIR les conséquences de nos actes et de nos décisions, voilà le défi auquel nos sociétés de demain sont confrontées.

En ce sens les concepts de PREVENTION, de RESPONSABILITE, D'ETHIQUE sont aujourd'hui fondamentaux.

LA GESTION DES RISQUES nous concerne tous et doit être intégrée très en amont de tout projet, de toutes ambitions. A cette condition l'ASSURANCE pourra continuer de jouer son rôle, et la société pourra progresser.
Risques et complexité est effectivement un thème majeur de réflexion pour tous, qui restera pérenne pour les décennies futures.