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Archives de la Lettre de l'Institut
Sommaire n°7 avril 2005
 Editorial  Ethique et technique
 Cerveaux et machines  Risques et complexité
 L'informatique vue par l'entreprise  
 
Risques et complexité


Dimensions politiques et statégiques de la sécurité

Par L’Amiral Pierre Lacoste, ancien directeur général de la sécurité extérieure ; ancien président de la Fondation pour les études de défense nationale.

Depuis la fin de la guerre froide les schémas traditionnels de la défense et de la protection des sanctuaires nationaux contre des agressions militaires de l’étranger, ont radicalement évolué. La dissuasion nucléaire entre l’Est et l’Ouest a empêché une troisième guerre mondiale ; les guerres traditionnelles entre Etats ont pratiquement disparu, mais pas tous les conflits armés. L’ouverture des frontières, les divergences d’intérêts et les multiples facteurs d’instabilité, compliquent les missions de défense et de sécurité qui se recoupent dans le cadre de la mondialisation où des acteurs transnationaux sont devenus plus puissants que la plupart des Etats souverains.

Il faut revenir aux données fondamentales et aux principes universels de la sécurité. D’abord, prendre pleinement conscience de la différence de nature entre les risques naturels et accidentels et les risques délibérément provoqués par l’homme. Les premiers étant justiciables des approches scientifiques de la méthode expérimentale, les ingénieurs, les médecins, les techniciens, n’ont cessé de progresser dans la maîtrise de la sécurité. Les seconds étant justiciables des approches tactiques, stratégiques et politiques de la « logique conflictuelle », les combattants, les policiers, les entrepreneurs, savent qu’en face de l’ennemi, du criminel ou du concurrent, rien n’est jamais définitivement acquis. Cependant les deux approches ont de nombreux points communs :

- toutes les activités de la sécurité s’inscrivent dans une dynamique à caractère cyclique entre mesures de prévention, d’alerte, d’intervention, d’exploitation du retour d’expérience et d’apprentissage ;

- les réactions subjectives des personnes et des groupes humains, le sentiment d’insécurité, les pulsions irrationnelles, peur ou inconscience, varient selon leur propres cultures et selon la gravité et la probabilité d’occurrence des risques.

Les paradoxes de la sécurité, comme ceux de la démocratie, témoignent de l’ambivalence du facteur humain. Il faut élever les niveaux d’éducation et de formation des citoyens pour relever les défis du monde contemporain, des guerres préventives aux conflits asymétriques, des guerres intestines à la criminalité transnationale.